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Adoption technologique

Interview de Nicolas PAUTHIER de CIRIUS DIGITAL : Accélérer la transformation digitale des entreprises grâce aux solutions innovantes

Nicolas, vous êtes ingénieur en mathématiques appliquées, spécialiste du financement de l’innovation, et vous avez fondé CIRIUS Digital en 2018 : comment ce parcours singulier vous a conduit à faire de l’accélération de la transformation digitale des entreprises votre sujet...

28 mai 2026 10 min de lecture
Interview de Nicolas PAUTHIER de CIRIUS DIGITAL : Accélérer la transformation digitale des entreprises grâce aux solutions innovantes

Nicolas, vous êtes ingénieur en mathématiques appliquées, spécialiste du financement de l’innovation, et vous avez fondé CIRIUS Digital en 2018 : comment ce parcours singulier vous a conduit à faire de l’accélération de la transformation digitale des entreprises votre sujet central, et en quoi CIRIUS Digital se distingue des autres acteurs du conseil en innovation ?

En fondant CIRIUS Digital en 2018, j'ai fait un choix assumé : la spécialisation. Là où la plupart des cabinets CIR-CII sont généralistes, nous sommes le premier cabinet 100 % dédié aux entreprises Tech et IT. Tous nos consultants viennent du numérique. Quand on échange avec un CTO sur son architecture ou ses verrous algorithmiques, on parle son langage.
Et c'est ça qui change tout : un financement n'est puissant que s'il est solidement justifié. Là où un généraliste décrit un projet de l'extérieur, nous le qualifions de l'intérieur. C'est ce qui nous permet à la fois de maximiser les montants et de les sécuriser en contrôle. L'IT et le développement sont devenus mon sujet central tout simplement parce que c'est là que se concentre aujourd'hui l'essentiel de la R&D et de l'innovation des entreprises en France.

Quand vous accompagnez une startup ou une PME IT sur le CIR, le CII ou le statut JEI, comment liez-vous concrètement ces dispositifs fiscaux à une véritable stratégie de transformation numérique, et pas seulement à une optimisation financière ponctuelle ? Pouvez-vous nous décrire un cas très concret où ce levier de financement a changé l’ambition digitale d’un client ?

C'est une distinction essentielle. Le CIR, le CII et le statut JEI ne sont pas des niches à exploiter une seule fois par an au moment de la liasse. Ce sont des leviers de financement qui doivent s'inscrire dans la trajectoire de l'entreprise.
Concrètement, on ne commence jamais par le chiffre, mais par un diagnostic : quelles activités sont réellement éligibles, quels sont vos verrous techniques, où est votre ambition à 18-24 mois ? La logique s'inverse alors : au lieu de se demander « qu'est-ce que j'ai déjà fait que je peux valoriser ? », le dirigeant se demande « qu'est-ce que je peux désormais oser entreprendre, sachant qu'une partie du risque de R&D sera financée ? ».
Un exemple. Une PME éditrice de logiciel hésitait à lancer un chantier d'industrialisation de ses modèles de machine learning, un vrai projet de R&D, mais coûteux et incertain. En cadrant le projet dès l'amont au titre du CIR et en sécurisant le statut JEI sur les premières années, le financement a couvert une part déterminante de l'effort. Ce qui était un « peut-être l'an prochain » est devenu une feuille de route engagée dès le trimestre suivant. Le dispositif n'a pas optimisé un impôt : il a débloqué une ambition technique. C'est toute la différence.

Vous avez travaillé auparavant avec des groupes comme Renault, Air Liquide, Air France ou Vinci Energy sur des projets d’innovation complexes : qu’est-ce que ces expériences vous ont appris sur les principaux freins à la transformation digitale, et comment transposez-vous aujourd’hui ces enseignements auprès de structures plus petites, souvent moins outillées mais plus agiles ?

Travailler avec de tels groupes, c'est travailler sur des CIR très importants, avec des structurations complexes entre filiales et des montants considérables. Ce que ça m'a appris avant tout, c'est une rigueur à la hauteur de ces enjeux. On apprend à mettre en place des process efficaces et structurés, et traçables parce que la solidité d'un dossier face à l'administration se joue précisément là.
Et c'est toute cette expérience que nous mettons aujourd'hui au service des structures plus petites. Les PME et ETI ont un atout formidable : l'agilité. Elles décident vite, elles itèrent vite, elles font de la R&D et de l'innovation en continu, souvent sans en avoir pleinement conscience, et donc sans la valoriser. Ce qui leur manque, c'est cette rigueur de formalisation que les grands groupes maîtrisent.
Mon rôle, c'est de leur apporter ces process éprouvés, mais sans la lourdeur : juste ce qu'il faut de structure pour sécuriser leur financement, tout en préservant la vitesse qui fait leur force.

CanopIA se positionne comme une plateforme innovante au service du financement de l’innovation dans le numérique : quelles sont, très concrètement, les fonctionnalités ou approches qui permettent d’accélérer la structuration des projets (Big Data, IA, Cloud, IoT, Blockchain) et de sécuriser leur éligibilité tout en aidant les dirigeants à prendre de meilleures décisions stratégiques ?

CanopIA répond à un constat très concret, tiré de notre quotidien : le dossier technique est la partie la plus importante d'un dossier CIR. C'est là que se justifie toute l'éligibilité du projet, et donc les montants associés. C'est aussi l'étape la plus longue et la plus exigeante à rédiger pour les chefs de projet, autrement dit, celle qui sécurise les montants.
CanopIA est une plateforme d'IA agentique qui génère le dossier technique directement selon la trame officielle du Ministère. C'est aujourd'hui la seule solution sur le marché à le faire. Elle prend la matière brute d'un projet (sprints, architectures Big Data, IA, Cloud, IoT, Blockchain) et la transforme en une narration claire, qui met en avant les verrous technologiques et l'état de l'art. Ce qui demandait deux ou trois jours de travail se génère désormais en quelques minutes.
Le gain est immédiat, et c'est du temps comme de l'argent : pour un grand groupe, pour un cabinet de financement de l'innovation, ou pour n'importe quelle entreprise qui doit monter ses dossiers.
CanopIA reste un outil de génération. Pour sécuriser le dossier et y apporter une vraie couche d'expertise humaine (une forme de tampon avant déclaration), c'est CIRIUS Digital qui prend le relais. L'IA pour produire vite et bien, l'expert pour valider.

En tant que contributeur au guide « Digital Era Transformation » de Bpifrance, comment analysez-vous le décalage entre le discours très ambitieux sur la transformation digitale et la réalité du terrain dans les PME françaises du numérique ? Quelles erreurs récurrentes observez-vous chez les dirigeants lorsqu’ils veulent aller « trop vite » ou, au contraire, lorsqu’ils sous-estiment l’enjeu ?

Le décalage est réel. Dans le discours, la transformation numérique est un grand récit : IA partout, disruption, plateformes. Sur le terrain, dans une PME, c'est d'abord une série de décisions très concrètes, contraintes par le temps, la trésorerie et les compétences disponibles. Cet écart crée beaucoup de frustration, parfois de la paralysie.
J'observe deux erreurs symétriques. La première, aller trop vite : on veut « faire de l'IA » parce que tout le monde en parle, on lance plusieurs chantiers sans cadrage, sans définir le problème qu'on cherche vraiment à résoudre. On dépense de l'énergie et de l'argent sur des projets mal qualifiés, qui, souvent, ne sont même pas éligibles aux dispositifs faute de réelle démarche de R&D.
La seconde, à l'opposé, sous-estimer l'enjeu : « on est une petite structure, ces sujets ne sont pas pour nous ». Or ce sont précisément ces entreprises qui innovent le plus au quotidien, sans le savoir, et qui laissent par conséquent des financements considérables sur la table. Elles confondent modestie de taille et absence d'innovation.
Le bon chemin est sans doute entre les deux : ni fuite en avant, ni déni. Un cadrage lucide, qu'est-ce que je cherche à accomplir, quels verrous techniques cela suppose, comment je finance le risque associé.

Si l’on se projette à 5–10 ans, comment imaginez-vous l’évolution du financement de l’innovation pour les entreprises du digital : quels nouveaux modèles (liés à l’IA générative, à la data, à la régulation ou à la souveraineté numérique) vont selon vous redessiner la manière dont on conçoit, finance et pilote les projets de transformation ?

Plusieurs forces vont redessiner le paysage en profondeur.
La première, c'est l'IA générative, qui change à la fois ce qu'on finance et comment on le finance. Ce qu'on finance, parce qu'une part croissante de la R&D portera sur l'IA elle-même, avec une vraie question pour l'administration : où s'arrête l'usage d'outils existants, où commence la vraie recherche ? La frontière de l'éligibilité va devenir plus subtile, et savoir la qualifier finement sera décisif. Comment on le finance, parce que des outils comme CanopIA annoncent un monde où la production des dossiers est largement assistée par l'IA, plus rapide, plus continue.
La deuxième, c'est la donnée. Demain, les travaux de R&D seront tracés finement et automatiquement, directement reliés aux outils des équipes techniques. Le dossier ne sera plus un exercice rétrospectif fait une fois par an, mais un flux continu.
La troisième, c'est la régulation et la souveraineté numérique. L'IA Act, les exigences de conformité et la volonté européenne d'autonomie technologique vont orienter les financements vers des innovations souveraines et responsables, sans doute avec de nouveaux critères valorisant la localisation de la R&D et la maîtrise des technologies critiques.
Au final, le financement deviendra plus intégré au pilotage, plus continu, et plus exigeant en qualification. Ceux qui s'outillent dès maintenant prendront une avance difficile à rattraper.

Pour conclure, quel message aimeriez-vous adresser aux fondateurs de startups et dirigeants de PME IT qui hésitent encore à structurer un véritable plan de transformation digitale appuyé sur les dispositifs de financement de l’innovation : par où commencer demain matin, très concrètement, pour ne pas rater le coche ?

Mon message tient en une phrase : ne confondez pas « ne pas avoir le temps » avec « ne pas avoir d'enjeu ». La plupart des fondateurs que je rencontre font réellement de la R&D et de l'innovation, ils ne la valorisent simplement pas, parce que ça leur semble complexe ou réservé aux autres.
Concrètement, demain matin, trois gestes. D'abord, prenez trente minutes pour lister, sans filtre, les vraies difficultés techniques que vos équipes ont dû résoudre cette année, celles où la solution n'était pas évidente. C'est là que se cache votre R&D. Ensuite, ne cherchez pas à devenir expert des dispositifs vous-même : un mauvais dossier est à la fois sous-optimisé et fragile en contrôle. Faites-vous accompagner par quelqu'un qui connaît votre univers technique. Enfin, raisonnez trajectoire, pas coup unique : posez-vous la question dans l'autre sens, « si une partie de mon risque d'innovation était financée, qu'est-ce que j'oserais lancer ? ».
Le coche à ne pas rater, ce n'est pas une date de déclaration, c'est de comprendre que structurer son innovation et son financement, ce n'est pas de la paperasse : c'est une décision stratégique qui finance votre ambition. Et le meilleur moment pour la prendre, c'est maintenant.

Pour en savoir plus : https://www.ciriusdigital.com